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Santé : “On a rebâti, enrichi, amélioré le projet” – Interview au Parisien

Retrouvez l'interview de François Fillon au Parisien sur son programme santé. 

Où en êtes-vous des gros et petits risques ?

J’avais initialement posé la question de la répartition des gros et petits risques entre l’assurance maladie et les complémentaires santé. S’en est suivie une polémique absurde. Je n’ai jamais voulu mettre en place une santé à plusieurs vitesses. J’ai juste posé une question légitime comme l’a d’ailleurs reconnu le président de la Mutualité française. Aujourd’hui, l’assurance maladie rembourse globalement 76% des dépenses de santé, mais cela recouvre des différences avec d’un côté les personnes en Affection longue durée remboursés à ce titre à 100% et d’autres dépenses de santé moins bien prises en charge. Mon projet consolide le caractère obligatoire et universel de l’assurance maladie dont le niveau de prise en charge des dépenses de santé ne diminuera pas. Je pose l’objectif d’ici 2022, d’un reste à charge 0 pour les dépenses les plus coûteuses grâce à un nouveau partenariat entre la sécurité sociale et les organismes complémentaires.

Vous proposez donc de mieux rembourser les Français?

Dès 2017, l’assurance maladie prendra en charge à 100% les lunettes pour enfants. Puis, en fin de quinquennat, l’objectif est d’aboutir à un reste à charge 0 pour les audioprothèses, l’optique, les prothèses dentaires et les dépassements d’honoraires, qui sont aujourd’hui à l’origine de nombreux renoncements aux soins. Pour y parvenir, je mettrai en place une Agence de garantie de la couverture solidaire des dépenses de santé, composée de représentants de l’Etat, de l’assurance maladie, des complémentaires et des professions de santé. Elle veillera à la maîtrise des frais de gestion, à la clarté des contrats et à la qualité des prestations ainsi qu’à l’évolution des niveaux de remboursement. Pour les retraités les plus modestes, je veillerai enfin à augmenter les aides à l’acquisition d’une complémentaire santé.

Quel impact sur les cotisations?

Grâce aux économies dégagées par le biais d’une meilleure cohérence entre l’assurance maladie et les complémentaires santé, la hausse des cotisations sera maîtrisée. Le taux global de prise en charge de l’assurance maladie ne baissera pas, mais peut-être faudra-t-il que les complémentaires santé mettent aussi la main à la poche. L’Agence de garantie veillera d’ailleurs à ce que les cotisations n’augmentent pas abusivement. Côté assurance maladie, afin d’assurer son retour à l’équilibre, nous dégagerons 20 milliards d’économies sur le quinquennat pour compenser la hausse naturelle des dépenses.

Quelle place pour la prévention?

J’instaurerai une consultation de prévention longue et gratuite, tous les deux ans, pour tous les Français, assurée par les médecins généralistes qui seront rémunérés en conséquence. Nous mettrons en place un Plan Santé à l’école dès la maternelle, avec interventions de professionnels de santé sur le thème de la nutrition, des addictions, du sommeil…

Comment lutter contre la désertification médicale?

Pour que les médecins reviennent dans les campagnes ou villes désertées, nous adapterons le numérus clausus (NDLR: le nombre de place en fac de médecine) pour tenir compte des besoins dans chaque territoire. Il faut aussi améliorer les incitations financières et faciliter la création de maisons de santé pluridisciplinaires, donc arrêter la multiplication des normes qui découragent les initiatives et en revanche encourager les initiatives et les projets. Enfin, je permettrai le remboursement des téléconsultations.

Comment rendre l’hôpital plus efficient?

En lui accordant une plus grande autonomie de gestion. Par exemple dans le recrutement des personnels, les marchés publics, les conditions de travail qui pourront être négociées localement au niveau de chaque hôpital. Il n’y aura pas de baisse des effectifs médicaux et soignants auprès des malades. Dans le domaine de la santé, le non remplacement d’agents publics concernera les emplois administratifs. Pour dégager du temps, le retour progressif aux 39 heures sera négocié au niveau local et pour lutter contre l’absentéisme , je réintroduirai un jour de carence, c’est à dire non payé en cas d’arrêt de travail. L’offre de soins hospitaliers sera rationalisée: en fonction de leur efficience, de leur taille, du nombre d’actes réalisés chaque année et garantissant une qualité médicale, certains établissements pourront être reconvertis en structures de petites urgences si la situation locale l’exige, ou en établissement pour personnes âgées. Je mettrai aussi en place un dispositif public et indépendant d’évaluation, avec publication des résultats hôpital par hôpital, service par service, pour que le patient choisisse en connaissance de cause.

Henri de Castries, le patron d’Axa, prend une part active dans votre campagne, votre société 2F conseil a travaillé pour Axa… Certains s’inquiètent de possibles conflits d’intérêts entre vous et lui…

On est dans le délire total. D’abord, je n’ai jamais travaillé pour Axa sur les questions touchant à la santé. J’ai effectué une mission sur le financement des investissements de long terme. Et puis, surtout, personne ne peut dire que la question de la répartition des rôles entre l’assurance maladie et les complémentaires ne se pose pas. Le patron de la mutualité française par exemple dit que c’est une bonne question et il n’est pas payé par Axa à ma connaissance.

A-t-il pris part dans l’élaboration de votre projet sur la santé?

Absolument pas.

Vous ne craignez pas que sa présence pollue votre campagne?

C’est un grand chef d’entreprise qui a des qualités remarquables. Faudrait-il s’excuser de bénéficier de ses compétences ? Non, je veux que la société civile participe au redressement de la France

D’autres aspects de votre programme vont-ils être adoucis?

Je propose un projet puissant et cohérent pour redresser le pays. Si ce projet est affadi, le pays ne se redressera pas.

Justement, vous réclamez des efforts aux Français. Mais cette affaire d’emplois supposés fictifs ne va-t-elle pas poser un problème: en clair, dans ce contexte les Français seront- ils prêts à consentir ces efforts?

Premièrement, il n’y a pas d’emplois fictifs. Deuxièmement, au-delà de ma personne, les efforts que je propose ont pour objectif le plein-emploi et la relance économique. C’est aux Français de choisir leur destin. S’ils me font confiance pour l’élection présidentielle, je mettrai en oeuvre mon programme.

Lors de vos déplacements, vous êtes toujours accueillis par des bruits de casseroles. Comment faire campagne si vous ne pouvez pas rencontrer les Français?

Il y a juste quelques militants du Front de Gauche qui manifestent en marge de mes déplacements. Les Français je les rencontre tous les jours. A Tourcoing, j’ai parlé avec des travailleurs sociaux, avec des mères de familles, bref avec des français qui ne sont pas engagés dans un combat politique. Et j’irai au salon de l’Agriculture la semaine prochaine.

La semaine dernière vous avez dit que si vous étiez mis en examen vous iriez jusqu’au bout, alors que jusqu’à présent vous affirmiez le contraire. Pourquoi un tel revirement?

J’ai déjà dit ce que j’avais à dire sur ce sujet.

Vous comprenez tout de même que cela engendre une certaine confusion?

Non, cela me parait très clair. A moins de 2 mois de l’élection présidentielle, je m’en remets au seul suffrage universel.

Est-il exact que vous avez envisagé de tout arrêter?

Je me suis interrogé. Je ne suis pas une tête brûlée, j’ai regardé la situation avec lucidité. J’ai estimé que c’était de mon devoir d’aller au bout.

Que vous a dit Nicolas Sarkozy la semaine dernière?

– (silence).

Pourquoi était-ce important pour vous de le voir?

Mon devoir est de rassembler ma famille politique.

La réunion des juppéistes autour de Jean-Pierre Raffarin ce soir, n’entretient-elle pas l’idée du plan B à votre candidature?

Cette réunion est faite en liaison étroite avec moi. J’ai eu Alain Juppé plusieurs fois au téléphone et on va se voir mercredi à Paris.

Emmanuel Macron vous accuse de courir après le FN?

Il a dit des bêtises en disant que je m’étais converti à la déchéance de nationalité… Mais s’il m’attaque, c’est surtout parce qu’il a commis une grave erreur en parlant de crime contre l’humanité sur la colonisation

Marine Le Pen dit que votre maintien, c’est du pain bénit pour elle. Comment contrer sa dynamique?

Le FN prospère parce que le chômage augmente, la pauvreté augmente, l’insécurité aussi. Sans un programme efficace de réformes le FN finira un jour par arriver au pouvoir. Quand un mouvement d’extrême droite est crédité de 25% dans les sondages, cela signifie que le pays va mal. C’est pour cela qu’il faut parler des projets. Quand on ne parle pas des projets, c’est un atout pour elle car elle n’est pas obligée de s’expliquer sur son programme qui ruinerait la France.

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